Bilan de réalisation, saison 1 (Hiver 2011-2012)

November 13, 2012

Après une pause de six mois, voici venu le temps de faire un bilan définitif du travail réalisé pour les Chroniques d’un hiver européen entre Novembre 2011 et Avril 2012.

Ce bilan s’adresse tout particulièrement aux donateurs qui ont permis au projet d’exister.

Le projet était extrêmement ambitieux, et la partie réalisée l’an dernier ne représente que le début d’un travail qui se poursuivra. Néanmoins, pour être très clair sur notre démarche, nous considérons cette première « saison » comme « bouclée » dans son état actuel, notamment au niveau du bilan financier. Nous aurons besoin de nouveaux fonds pour développer la suite du projet, et l’appel à financement qui a eu lieu en Novembre 2011 a en pratique permis la réalisation de ce qui sera décrit dans ce bilan. Évidemment, ce qui a été produit ne correspond pas exactement à ce qui était au départ annoncé dans le projet initial. C’est à vous de juger si nous avons répondu à nos engagements en terme de réalisation. Nous attendons vos remarques par email : hivereuropeen@riseup.net .

  1. Bilan de ce qui a été réalisé

Temps de travail investi.

Je m’étais engagé à travailler à plein temps sur la réalisation de Décembre 2011 à Avril 2012. Ce fut effectivement le cas, et j’ai donné le maximum de ce que je pouvais sur cette période. J’ai travaillé en moyenne bien au delà de 40 heures par semaine, avec en tout une dizaine de jours de pause. Je pense à ce niveau avoir tenu totalement mon engagement.

Réalisation effective :

Voici la totalité de ce qui a été produit sur cette période :

Pour rappel, voici les ambitions initiales « minimales » pour cette période de réalisation :

  • au moins 6 épisodes de 30 mn traitant de trois pays différents
  • Disponibilité en anglais et en français grâce à un doublage

Il y a donc une divergence de taille entre l’intention initiale et le projet réalisé. En temps de programme, nous avons quasiment tenu notre promesse, en produisant 2H30 de programme pour 3H promises. Par contre, nous sommes restés cantonnés à un pays unique, la Grèce. Enfin, la disponibilité linguistique a un peu varié : pas de doublage, mais des sous-titrages pour un format vidéo complété d’un contenu visuel.

Quelques précisions. L’intention initiale était de produire quelque chose dans l’urgence, en privilégiant un contenu assez brut et mis en ligne rapidement, pour pouvoir faire un survol de la situation de pays en pays. Lors de mon séjour en Grèce, j’ai été happé par une dynamique à laquelle je ne m’attendais pas, où le drame collectif incitait à un engagement de fond. Je suis alors allé assez loin dans le détail lors de la collecte des entretiens. Ce qui aurait du être une « ouverture introductive » au projet devenait d’un coup une problématique complexe et très profonde, intime, où mon engagement émotionnel m’incitait à m’appliquer au maximum pour retranscrire cette situation. J’ai donc progressivement abandonné l’intention de faire un montage et une mise en ligne rapide, et ai passé beaucoup plus de temps à développer le documentaire, pour vraiment rendre justice à la situation que j’ai vécue. Ce travail fut long et fastidieux, et m’a pris tout le temps de montage jusqu’à Avril. Entre temps, j’ai quand même effectué un tournage de 10 jours en Irlande, dont les 40 heures de rush enregistrées n’ont toujours pas été montées. Par contre ce séjour a permis d’enrichir ma réflexion pour la réalisation des épisodes concernant la Grèce. Les enregistrement irlandais ne sont pas perdus : ils seront utilisés pour la suite du projet.

Un autre facteur important a joué concernant ma capacité de réalisation : j’ai travaillé très seul. J’espérais rencontrer sur mon chemin des personnes souhaitant s’investir dans la réalisation pratique du projet, mais ceci est resté limité à des coups de main ponctuels et bienvenus lorsque j’avais besoin d’hébergement, de traductions, etc… Mais pour la réalisation à proprement parler, je suis resté seul : enregistrements, montage, écriture et enregistrement des voix, mixage, écriture des sous-titres, réalisation de la page internet : il s’agit d’un travail considérable et seul, je ne pouvais en faire plus en cinq mois.

Enfin, des détails pour ce qui est du support linguistique : l’abandon du format doublé en français est du à un compromis qui semblait logique : comme tous les entretiens ont été réalisés en anglais, autant réaliser une version originale en anglais, et tenter une création d’un nouveau genre avec sous titres et montage image. Cette expérimentation, menée jusqu’au bout pour le premier épisode, est très concluante et laisse imaginer de nouvelles possibilités pour la suite (création d’un contenu audio avec « vraies » vidéos non synchrones par exemple).

Un doublage vocal en français aurait été extrêmement fastidieux et très peu intéressant, car on aurait perdu un des aspects primordiaux du documentaire : l’expressivité des gens qui témoignent.

Pour conclure, il s’avère que j’ai dévié de l’intention initiale, autant par choix que par contrainte. Au vu du résultat actuel, je ne regrette pas cette évolution. L’idée originale de croiser les situations de différents pays n’est en aucuns cas abandonnée, elle sera mise en œuvre dans la suite du projet.

  1. Le bilan financier.

Je peux fournir les détails du bilan financier sur demande : envoyez un email à hivereuropeen@riseup.net

Mais voici une présentation du budget dans les grandes lignes, accompagnée de quelques précisions.

Le total net des donations par internet ou par chèque de la campagne de Novembre 2011 est de 1959€.

Les dépenses combinent les coûts des séjours en Grèce (deux semaines et demie) et en Irlande (une semaine et demie) s’élevant à 1076€, et le coût de ma subsistance pendant les 4 mois restants de travail à domicile, s’élevant à 2400€ (600€ par mois). Les dépenses totales s’élèvent donc à 3476€.

On peut donc grossièrement résumer que sur les 3500€ de budget 2000€ on été à la charge des donateurs et 1500€ à ma charge personnelle.

On pourra considérer que les 2000€ de donations on servi à financer le coûts des séjours ainsi qu’un mois et demie de subsistance, et que les deux mois et demie de subsistance restant étaient à ma charge.

  1. Bilan personnel

Ce travail a été pour moi très, voire trop prenant. Parti d’une idée, j’ai souhaité initier le projet seul pour construire un réseau de travail collaboratif au fur et à mesure son avancement. Cette idée de collaborations porte effectivement ses fruits, mais seulement depuis l’été 2012. Au cours de la grosse période de réalisation (Décembre 2011, Avril 2012), j’ai du travailler tout seul, chose qui ne fut pas évidente. Développer un tel projet avec un seul cerveau est fatiguant : il manque de la discussion, du débat, de la confrontation d’idées… On finit par ne plus savoir où l’on en est, on navigue à l’aveuglette, on tourne parfois en rond. Ce sera une des leçons principales pour la suite du projet : il faudra absolument le poursuivre en collaboration avec deux ou trois autres personnes prêtes à s’investir dans la réflexion.

Mise à part cette note négative, le reste fut une expérience formidable, autant au niveau de l’expérimentation documentaire à proprement parler qu’au niveau de toutes les découvertes annexes : rencontres, discussions, ouverture. J’ai donc au final une très grande motivation à poursuivre ce travail, d’autant plus que le thème est plus que jamais d’actualité. Mais à une condition, pouvoir échanger idées et compétences avec d’autres personnes souhaitant s’engager dans le projet.

  1. Impact du documentaire

L’accueil du travail lors de sa publication sur internet a été très positif. Malheureusement, aucune campagne de diffusion de grande ampleur n’a pu être menée, ce qui a dans un premier temps limité l’impact de diffusion. La publication en novembre 2012 d’une version « mise en image » du premier épisode permettra de changer la donne.

Pour la version purement audio, et sans campagne de diffusion particulière, on comptait de février à octobre 2012 6000 personnes ayant commencé à regarder le premier épisode, dont 2000 on poursuivi l’écoute jusqu’à la fin du troisième épisode. C’est un public restreint, bien qu’honorable.

En Novembre 2012, la version « mise en image » est utilisée comme tremplin pour tenter une diffusion plus large. Le départ semble prometteur car 4000 personnes ont commencé à regarder cette vidéo lors des 3 premiers jours après sa mise en ligne.

On peut en conclure qu’un format purement audio a peu de chances pour s’imposer sur internet, ce qui n’est pas une surprise. Par contre, un format hybride alliant un contenu radiophonique et une mise en image qui accompagne le travail audio a tout le potentiel de réussir comme un classique contenu vidéo, et c’est une piste à suivre.

Enfin, on pourra noter que pour l’instant, bien que le contenu original soir anglophone, 90% des auditeurs consultent la version francophone du projet. C’est dû bien sur à nos relais de diffusion qui sont situés principalement en France (blog de Paul Jorion, Agoravox, Okeanews), mais peut être aussi à un intérêt moindre des publics anglophones pour cette problématique. Il sera intéressant de trouver des relais de diffusion significatifs dans le milieu internet anglophone.

Voilà en quelques mots ce qu’il y a à dire en bilan de la première saison de travail sur les Chroniques d’un hiver européen. Le projet va se poursuivre de décembre 2012 à mai 2013, sous une forme plus évoluée et avec des partenariats plus conséquents. Un nouvel appel de fonds sera lancé au moment où le nouveau projet de réalisation sera finalisé.

Les premières informations sur cette nouvelle « saison » seront publiées dans les semaines à venir sur le blog de making-of.

N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos remarques sur ce bilan, ou pour toute idée concernant la suite. Email : hivereuropeen@riseup.net

Merci encore à ceux dont la générosité a permis d’initier ce projet. Cela démontre que l’on peut effectivement envisager de nouveaux procédés de production pour redécouvrir des terrains que les media classiques ont fini par délaisser pour cause de contraintes économiques.

À bientôt pour plus de nouvelles sur la saison 2.

étienne, pour les Chroniques d’un hiver européen.

The plan : update

March 21, 2012

La version française se trouve ici : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/21/le-plan-definitif/

Informations about the project here.

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Months are going away one after the other, spring is coming and the first part of the project is soon reaching an end. Since the return from Ireland, I have a better view of what will be possible to do.

I have until the 15th of April to work on the project. After five months full time on it, it will be time to let the brain cool down.

In the time that is left, it will be possible to finish the editing of the episodes about Greece and Ireland. Normally, episodes 2 & 3 about Greece, and episodes 4 & 5 about Ireland.

So here is a major change with the original project : I will not have time to visit a third country as I originally intended to. But I will accept complaints only from the people who will have listened to the five first episodes in full.

Another change is that I will try to make a real video for the international versions with subtitles : putting some photographic or video content would be a nice improvement.

If anyone has contacts of people doing photo/video works about the same subject, I would be very happy to hear from this.

The end of this season and those five episodes doesn’t mean that the project comes to an end : a second part is in preparation for the next winter. Spain, Portugal, Italy, France, Island, Germany… There is so much more to say about the topic.

There are some new ideas for this future step : it would be really nice to produce some kind of video footage that could come together with the radio documentary. And working with other people on this project would be really refreshing : being alone is of course a lot of work, but moreover, I really missed to be able to discuss and enrich the project during the making. So if anyone is curious, don’t hesitate to get in touch. (eurowinter@riseup.net)

But for the moment, there are a few weeks more of hard work. Bringing a new episode very soon !

 

 

 

 

Le plan définitif

March 21, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/21/the-plan-update/

Informations sur le projet à  trouver ici.

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Les mois passent et la fin de cette première « saison » des Chroniques approche. Depuis le retour d’Irlande, les choses sont plus claires sur ce qu’il va être possible de faire.

J’ai jusqu’au 15 Avril pour travailler à ce projet. Après cinq mois complet d’investissement à temps plein, il sera alors l’heure de passer à autre chose pour laisser les neurones rafraîchir et les informations décanter.

Dans le temps qu’il reste, il me sera tout juste possible de terminer le montage des épisodes concernant la Grèce et l’Irlande, à priori les épisodes n°2 et 3 pour la Grèce, et les épisodes n°4 et 5 pour l’Irlande.

D’où le changement majeur par rapport à l’ambition initiale : je n’aurai pas le temps de me rendre dans un troisième pays, pour l’instant. Mais je n’accepterai de réclamations que des gens ayant écouté les cinq épisodes de 45 minutes en intégralité !

Un autre grand changement est qu’étant donné la forme qu’a pris le projet (très orienté « reportage », beaucoup de contenu textuel), il semble vain de vouloir faire une adaptation en voix française du documentaire. Cela surtout car une autre direction semble plus intéressante à prendre : enrichir la vidéo sous-titrée d’un contenu visuel intéressant. Je suis donc à la recherche de photos ou vidéos de la Grèce et de l’Irlande dont la thématique est reliée à celle du documentaire. Si vous avez une idée, faites moi en part.

Le bouclage de ces cinq épisodes ne signifie pas pour autant la fin définitive des Chroniques : une deuxième « saison » est en préparation pour l’hiver prochain. Espagne, Islande, Allemagne, Belgique, les possibilités sont nombreuses.

Pour ce prochain projet, de nouvelles idées sont en gestation. Un travail video muet simultané qui pourrait accompagner le documentaire radio par exemple, pour les versions avec sous-titres. Et une recherche de collaboration pour développer le projet à plusieurs. En effet, le travail est extrêmement prenant, mais tout faire tout seul de A à Z est d’une part épuisant et surtout, il manque trop souvent un point de vue différent pour enrichir le projet par des discussions et échanges d’idées. Travailler au moins en binôme (en se répartissant le travail de tournage et de montage par exemple) pourrait être très enrichissant. Si vous êtes tentés, n’hésitez pas à vous manifester ! (eurowinter@riseup.net)

Mais pour l’heure, il reste encore quelques grosses semaines de travail pour boucler cette première saison.

À bientôt !

Quelques impressions au retour du séjour en Irlande

March 17, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/17/a-few-impressions-on-the-way-back-from-ireland/

Informations sur le projet à  trouver ici.

L’Irlande n’est pas la Grèce, et elle va s’en sortir la tête haute, en remboursant sa dette, quelque soit le temps que cela prenne. C’est en tout cas ce qu’affirment un très grand nombre d’Irlandais.

Et ceci alors que l’austérité ne fait que commencer à toucher la population. La plupart des mesures prises jusqu’à maintenant étaient ciblées sur la réduction du service public. Pour un pays dont le modèle rêvé semble être les Etats-Unis, la pilule n’a pas été trop dure à faire avaler, sauf pour les fonctionnaires. Et quand on mentionne l’augmentation en flèche des frais d’université (dernière en date : passage de 2000 à 3000 euros l’année de licence), la plupart des personnes font remarquer que « ça va, aux Etats-Unis, c’est bien plus ».

Mais maintenant que de nouvelles mesures touchent plus généralement la population (augmentation de la TVA, nouvelle taxe d’habitation au forfait unique de 100 euros quelque soit la situation économique du foyer…), certaines questions émergent timidement.

Mais heureusement, l’Irlande est compétitive, et c’est pour ça que les choses vont bien. Les Irlandais chérissent le fait que leurs entreprises ne paient que 12,5% d’impôt sur leurs bénéfices, alors que ce taux est compris entre 20% et 35% ailleurs en Europe. Et pour cause : cet « avantage compétitif » est le moteur de la nouvelle économie irlandaise. L’île semble être la plate-forme européenne de l’économie américaine « 2.0 », ravie de ne plus être volée par des Etats bandits : les mots Google, Facebook, LinkedIn, Microsoft et autres reviennent toutes les trois phrases dans les discussions et les articles de journaux. Non sans fierté. Alors ça vaut bien quelques cadeaux, comme par exemple laisser Google, entreprise pas trop à plaindre, ne payer que 3% d’impôts sur ses bénéfices… L’Irlande est compétitive et c’est pour ça qu’elle va s’en sortir. Quand on se souvient de la pauvreté des années 80, ça vaut bien quelques concessions budgétaires et fiscales pour le foyer moyen.

De plus, le gros choc, l’Irlande l’a déjà vécu. L’apocalypse a eu lieu en 2008 et 2009. L’explosion d’une des bulles immobilières les plus incroyable qui ait existé est déjà un fait passé, et on a fini par intégrer le changement de situation. Les dix années d’hystérie collective sont maintenant allongées sur le divan, et chacun fait preuve de sagesse pour accepter le retour à la réalité et comprendre ce qui a pu se passer.

Sauf que… quelques détails peuvent gêner quand on commence à fouiller un peu.

Les années du de la bulle sont maintenant derrière, c’est vrai. Surtout pour ceux qui ont réussi à ne pas se laisser entraîner à prendre un crédit immobilier entre 2002 et 2008. Les autres, ayant acheté une ou plusieurs maisons, ne sont pas prêt d’oublier les années « boom ». Et ils sont très, très nombreux. Leur maison vaut aujourd’hui en moyenne moins de la moitié du prix qu’ils ont payé et promis de rembourser à leur banque, et cette valeur continue de chuter. Mais les banques veulent bien entendu récupérer la totalité du prêt promis. Et la loi irlandaise leur donne raison.

Aux Etats-Unis, lors de la crise des sub-primes, il était possible de rendre les clés de sa maison pour abandonner son prêt et recommencer une vie ailleurs. Cette option n’existe pas en Irlande. Si on rend les clés à la banque, on est néanmoins obligé par la loi à rembourser l’intégralité du prêt. Aborder le sujet avec quelqu’un dans cette situation permet de sonder un abîme, symétrie exacte des cimes de la financiarisation de l’économie.

Bien entendu, le sujet est tout sauf manichéen. Soulever la question de la responsabilité nécessite de convoquer une cohorte de sociologues, économistes, philosophes, publicitaires et autres, si possible intègres et intéressants. Mais ne serait-ce qu’aborder le sujet frontalement ne serait pas une mauvaise chose pour commencer.

Surtout que les chèques en blanc du contribuable se suivent pour le monde de la finance et de l’entrepreneuriat irlandais. Faut il rappeler que l’explosion de la dette publique irlandaise est due en grande partie à des garanties illimitées offertes par l’Etat aux grandes banques du pays, de manière à assurer la « stabilité » de leurs créances risquées?

Un processus qui ne risque pas de s’arrêter demain : les banques irlandaises détiennent encore plus de 400 milliards d’euros de prêts directement liés à l’investissement irlandais pendant le boom, soit l’équivalent de plus de 240% du PIB (ce taux était de 60% en 1997). Les taux d’impayés sur l’immobilier, qui grimpent sans cesse, promettent de futures pertes pour les banques et autant de sauvetages financiers à venir.

Mais pour l’instant, tout le monde veut croire à une issue. Rien n’est certain, on veut bien garder espoir et on ouvre consciencieusement son portefeuille pour contribuer au remboursement par la rigueur. Si une forte croissance revient, peut être qu’on s’en sortira et qu’on pourra continuer à attendre l’accomplissement du rêve américain.

Donc pas d’alternative : il faut conserver, voire augmenter la bien-aimée compétitivité. Et attendre et espérer, à l’ombre d’une montagne de dettes bien plus élevée que sa célèbre petite-soeur grecque, lorsque l’on additionne les dettes publiques, dettes des ménages et dettes des institutions financières.

A few impressions on the way back from Ireland

March 17, 2012

La version française se trouve ici : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/17/quelques-impressions-au-retour-du-sejour-en-irlande/

Informations about the project here.

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Ireland is not Greece, and it will get out of the mess keeping the head up, paying back all its debt no matter the time it will take. It is at least what a lot of Irish people think, even if austerity is only starting to hit the population. Most of the measures enforced until now were aimed at reducing public services. This was not that hard to accept in a country whose model is the USA, so only civil servants really had a reason to complain. And when the constant increase of university fees is mentioned (the last in date being an increase from 2000 to 3000 euros for one year of bachelor level), most of the people comment that “it’s okay, it is so much more in the USA for example!”.

Luckily, Ireland is competitive, and that is why everything is fine. One of the most cherished thing in modern Ireland is the 12,5% corporate-tax rate, to compare with a 20 to 35% rate elsewhere in Europe. And for a reason : this “competitive advantage” is the engine of the new irish economy. The island seems to be the european platform for the “2.0” american corporate world, cheered not to be robbed by the State : the words “Google”, “Facebook”, “LinkedIn”, “Microsoft” and cie are present in every three sentence of discussions and newspapers. And not without some pride. This is well worth a few presents, like for example letting Google, a not so desperate company, pay not more than 3% tax on its profits… Ireland is competitive and that is why it will get out of the mess. When one remembers the poverty of the 80s, these few concessions still seem worth it for the middle class household.

Moreover, the big choc is already behind for Ireland. Apocalypse took place in 2008 and 2009. The burst of one of the most magnificent housing bubble in history is already something from the past, and the change in the situation is now finally accepted. The ten years of mass hysteria are now lying on the couch, and everyone shows wisdom to accept the return to reality and understand what happened.

But some details are quite inconvenient when one tries to look further.

The boom years are now behind, true. But especially for those who managed not to take a mortgage between 2002 and 2008. The others, having bought one or more houses, on credit, will need a long time to see those years really behind. And this is a huge lot of people. Their house is now worth less than half of the price they signed for and promised to pay back to the bank, and the value keeps diving. But the banks, of course, want to get the whole loan back. And the irish law is on their side.

In the USA, during the “sub-prime” housing crisis, it was possible to give back the keys of the house and get rid of the loan to start a new life somewhere else. This option doesn’t exist in Ireland. If someone wants to leave his home, he nevertheless will have to pay 100% of the loan back. Discussing the matter with someone in this situation is taking a look in an abyss, the exact symmetric from the peaks of the financialized economy.

Of course the subject is everything but black and white. Raising the issue of responsibility requires a big assembly of sociologists, economists, philosophers, and advertisement specialists, if possible interesting and of integrity. But for a start, just raising frontally the issue would not be a bad thing.

Especially when blank checks from the taxpayer are signed one after the other to the financial industry of Ireland. Is it necessary to remind that the huge increase of the irish public debt is for a big part due to unlimited guarantees offered by the state to the big banks of the country, in order to ensure the “stability” of their risky assets?

And this process is not going to stop tomorrow : the irish banks still have more than 400 billions euros of loans to households and non-financial firms in Ireland, which amounts to more than 240% of the Irish GDP (this figure was 60% in 1997). With arrears on mortgages steadily rising, now at almost 10%, future losses for banks coming along with future bailouts from the taxpayer are almost certain.

But for the moment, everyone wants to believe to a way out. Nothing is really certain, and hope dictates to consciously open the wallet and contribute to pay back the debt through austerity. If a strong growth comes back, maybe we will see a miracle happen, and it will be possible to go further on the way to the american dream.

So there is no alternative : the beloved competitiveness has to be protected at all cost, if not improved. And then, just wait and hope, in the shadow of a huge mountain of debt, much higher than its greek little sister, once added household, state and financial debts.

Premier épisode en ligne !

February 19, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/02/19/first-episode-online/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Et voici enfin le premier épisode des Chroniques d’un hiver européen. Il est disponible en version anglaise avec sous titres français sur le tout nouveau site du projet. Je vous laisse le trouver : http://hivereuropeen.wordpress.com

Et pour ceux qui souhaitent visiter le site en version anglaise : http://eurowinter.wordpress.com

Pour ce qui est de la suite, j’arrive tout juste en Irlande pour deux semaines d’enregistrements, dans un contexte qui a l’air bien différent de celui de la Grèce.

Plus de nouvelles à ce sujet très bientôt.

Bonne écoute !

 

 

First episode online!

February 19, 2012

La version française se trouve ici : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/02/19/premier-episode-en-ligne/

Informations about the project here.

And here is finally the first episode of the Chronicles of a European Winter. It is available in English on the new website of the project : http://eurowinter.wordpress.com

For the moment, there are subtitles only in french. I hope to add some more languages as soon as possible (wished first : greek, german, spanish, portugese, italian…). If you think you can help for that, contact us : eurowinter@riseup.net

And for what comes next, I am just arriving in Ireland for two weeks of recordings, in a context that seems at the same time similar and very different from Greece.

More news about this very soon.

Looking for contacts in Dublin

February 4, 2012

La version française se trouve ici : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/02/04/recherche-de-contacts-a-dublin/

Informations about the project here.

I will arrive in Dublin on the 16th of February, staying two weeks long. I am now trying to gather contacts there : people who would be curious about the project, and would have time to share thoughts about the matter, and also people who would be ready to tell their own stories to the microphone.

More informations in the document there : http://dl.dropbox.com/u/2237586/Chronique_hiver/Looking_for_testimonials_IR.pdf

So spread the word and this document to your Irish connections !

And about the Greek story : the first episode is ready, and will be online in two weeks, when the website is done. Patience…

See you soon.

Recherche de contacts à Dublin

February 4, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/02/04/looking-for-contacts-in-dublin/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Je pars pour Dublin le 16 Février, pour deux semaines. Je suis à la recherche de contacts là bas pour préparer le terrain : des gens qui pourraient être curieux du projet et auraient le temps de discuter un peu de la situation autour d’un café ou d’une bière. Et bien sur, je suis aussi déjà à la recherche de personnes prêtes à témoigner de leur situation au micro.

Plus d’informations dans le document suivant (en anglais) :

http://dl.dropbox.com/u/2237586/Chronique_hiver/Looking_for_testimonials_IR.pdf

Alors faites passer l’information et ce document à vos contacts irlandais !

Et à propos de la Grèce : le premier épisode est prêt et sera en ligne dans deux semaines, lorsque la page web sera finalisée. Patience…

À bientôt.

Problématique linguistique : le choix final

January 20, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/01/20/coming-soon/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Le travail avance à grand pas (et à grande sueur) et les choses se précisent quant à la disponibilité des premiers épisodes.

 Tour de Babel ?

J’ai fait un choix final quand au format linguistique de diffusion. Comme la presque totalité des entretiens réalisés à Athènes se sont fait en anglais, je commencerai donc par publier un montage en anglais du documentaire. Je publierai simultanément une version « video » avec le documentaire en anglais et des sous titres en français. S’y ajouteront aussi rapidement que possible des sous-titres en grec et en allemand, et, je l’espère, d’autres langues suivront par après.

La quantité de travail étant très conséquente, je ne pourrai pas réaliser moi-même à court terme une transcription 100% audio en langue française du documentaire. Par contre, un très bon ami et collègue souhaite s’atteler à la tache dès que possible, et on peut donc espérer qu’une version audio française arrive quelques semaines plus tard.

Date de sortie

À première vue, il y aura trois épisodes de 45 minutes chacun sur la situation en Grèce.

La sortie du premier épisode en version anglaise et en version anglaise sous titrée-français est prévue pour la mi février. À moins de grandes difficultés, cette date de sortie semble réaliste. Puis, le deuxième épisode sortira trois semaines plus tard, et ainsi de suite.

Les versions française suivront malheureusement quelques semaines plus tard.

Pas facile de travailler la radio en plusieurs langues, mais qui tente rien n’a rien.

Rendez vous le 15 février !