Archive for March, 2012

The plan : update

March 21, 2012

La version française se trouve ici : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/21/le-plan-definitif/

Informations about the project here.

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Months are going away one after the other, spring is coming and the first part of the project is soon reaching an end. Since the return from Ireland, I have a better view of what will be possible to do.

I have until the 15th of April to work on the project. After five months full time on it, it will be time to let the brain cool down.

In the time that is left, it will be possible to finish the editing of the episodes about Greece and Ireland. Normally, episodes 2 & 3 about Greece, and episodes 4 & 5 about Ireland.

So here is a major change with the original project : I will not have time to visit a third country as I originally intended to. But I will accept complaints only from the people who will have listened to the five first episodes in full.

Another change is that I will try to make a real video for the international versions with subtitles : putting some photographic or video content would be a nice improvement.

If anyone has contacts of people doing photo/video works about the same subject, I would be very happy to hear from this.

The end of this season and those five episodes doesn’t mean that the project comes to an end : a second part is in preparation for the next winter. Spain, Portugal, Italy, France, Island, Germany… There is so much more to say about the topic.

There are some new ideas for this future step : it would be really nice to produce some kind of video footage that could come together with the radio documentary. And working with other people on this project would be really refreshing : being alone is of course a lot of work, but moreover, I really missed to be able to discuss and enrich the project during the making. So if anyone is curious, don’t hesitate to get in touch. (eurowinter@riseup.net)

But for the moment, there are a few weeks more of hard work. Bringing a new episode very soon !

 

 

 

 

Le plan définitif

March 21, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/21/the-plan-update/

Informations sur le projet à  trouver ici.

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Les mois passent et la fin de cette première « saison » des Chroniques approche. Depuis le retour d’Irlande, les choses sont plus claires sur ce qu’il va être possible de faire.

J’ai jusqu’au 15 Avril pour travailler à ce projet. Après cinq mois complet d’investissement à temps plein, il sera alors l’heure de passer à autre chose pour laisser les neurones rafraîchir et les informations décanter.

Dans le temps qu’il reste, il me sera tout juste possible de terminer le montage des épisodes concernant la Grèce et l’Irlande, à priori les épisodes n°2 et 3 pour la Grèce, et les épisodes n°4 et 5 pour l’Irlande.

D’où le changement majeur par rapport à l’ambition initiale : je n’aurai pas le temps de me rendre dans un troisième pays, pour l’instant. Mais je n’accepterai de réclamations que des gens ayant écouté les cinq épisodes de 45 minutes en intégralité !

Un autre grand changement est qu’étant donné la forme qu’a pris le projet (très orienté « reportage », beaucoup de contenu textuel), il semble vain de vouloir faire une adaptation en voix française du documentaire. Cela surtout car une autre direction semble plus intéressante à prendre : enrichir la vidéo sous-titrée d’un contenu visuel intéressant. Je suis donc à la recherche de photos ou vidéos de la Grèce et de l’Irlande dont la thématique est reliée à celle du documentaire. Si vous avez une idée, faites moi en part.

Le bouclage de ces cinq épisodes ne signifie pas pour autant la fin définitive des Chroniques : une deuxième « saison » est en préparation pour l’hiver prochain. Espagne, Islande, Allemagne, Belgique, les possibilités sont nombreuses.

Pour ce prochain projet, de nouvelles idées sont en gestation. Un travail video muet simultané qui pourrait accompagner le documentaire radio par exemple, pour les versions avec sous-titres. Et une recherche de collaboration pour développer le projet à plusieurs. En effet, le travail est extrêmement prenant, mais tout faire tout seul de A à Z est d’une part épuisant et surtout, il manque trop souvent un point de vue différent pour enrichir le projet par des discussions et échanges d’idées. Travailler au moins en binôme (en se répartissant le travail de tournage et de montage par exemple) pourrait être très enrichissant. Si vous êtes tentés, n’hésitez pas à vous manifester ! (eurowinter@riseup.net)

Mais pour l’heure, il reste encore quelques grosses semaines de travail pour boucler cette première saison.

À bientôt !

Quelques impressions au retour du séjour en Irlande

March 17, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/17/a-few-impressions-on-the-way-back-from-ireland/

Informations sur le projet à  trouver ici.

L’Irlande n’est pas la Grèce, et elle va s’en sortir la tête haute, en remboursant sa dette, quelque soit le temps que cela prenne. C’est en tout cas ce qu’affirment un très grand nombre d’Irlandais.

Et ceci alors que l’austérité ne fait que commencer à toucher la population. La plupart des mesures prises jusqu’à maintenant étaient ciblées sur la réduction du service public. Pour un pays dont le modèle rêvé semble être les Etats-Unis, la pilule n’a pas été trop dure à faire avaler, sauf pour les fonctionnaires. Et quand on mentionne l’augmentation en flèche des frais d’université (dernière en date : passage de 2000 à 3000 euros l’année de licence), la plupart des personnes font remarquer que « ça va, aux Etats-Unis, c’est bien plus ».

Mais maintenant que de nouvelles mesures touchent plus généralement la population (augmentation de la TVA, nouvelle taxe d’habitation au forfait unique de 100 euros quelque soit la situation économique du foyer…), certaines questions émergent timidement.

Mais heureusement, l’Irlande est compétitive, et c’est pour ça que les choses vont bien. Les Irlandais chérissent le fait que leurs entreprises ne paient que 12,5% d’impôt sur leurs bénéfices, alors que ce taux est compris entre 20% et 35% ailleurs en Europe. Et pour cause : cet « avantage compétitif » est le moteur de la nouvelle économie irlandaise. L’île semble être la plate-forme européenne de l’économie américaine « 2.0 », ravie de ne plus être volée par des Etats bandits : les mots Google, Facebook, LinkedIn, Microsoft et autres reviennent toutes les trois phrases dans les discussions et les articles de journaux. Non sans fierté. Alors ça vaut bien quelques cadeaux, comme par exemple laisser Google, entreprise pas trop à plaindre, ne payer que 3% d’impôts sur ses bénéfices… L’Irlande est compétitive et c’est pour ça qu’elle va s’en sortir. Quand on se souvient de la pauvreté des années 80, ça vaut bien quelques concessions budgétaires et fiscales pour le foyer moyen.

De plus, le gros choc, l’Irlande l’a déjà vécu. L’apocalypse a eu lieu en 2008 et 2009. L’explosion d’une des bulles immobilières les plus incroyable qui ait existé est déjà un fait passé, et on a fini par intégrer le changement de situation. Les dix années d’hystérie collective sont maintenant allongées sur le divan, et chacun fait preuve de sagesse pour accepter le retour à la réalité et comprendre ce qui a pu se passer.

Sauf que… quelques détails peuvent gêner quand on commence à fouiller un peu.

Les années du de la bulle sont maintenant derrière, c’est vrai. Surtout pour ceux qui ont réussi à ne pas se laisser entraîner à prendre un crédit immobilier entre 2002 et 2008. Les autres, ayant acheté une ou plusieurs maisons, ne sont pas prêt d’oublier les années « boom ». Et ils sont très, très nombreux. Leur maison vaut aujourd’hui en moyenne moins de la moitié du prix qu’ils ont payé et promis de rembourser à leur banque, et cette valeur continue de chuter. Mais les banques veulent bien entendu récupérer la totalité du prêt promis. Et la loi irlandaise leur donne raison.

Aux Etats-Unis, lors de la crise des sub-primes, il était possible de rendre les clés de sa maison pour abandonner son prêt et recommencer une vie ailleurs. Cette option n’existe pas en Irlande. Si on rend les clés à la banque, on est néanmoins obligé par la loi à rembourser l’intégralité du prêt. Aborder le sujet avec quelqu’un dans cette situation permet de sonder un abîme, symétrie exacte des cimes de la financiarisation de l’économie.

Bien entendu, le sujet est tout sauf manichéen. Soulever la question de la responsabilité nécessite de convoquer une cohorte de sociologues, économistes, philosophes, publicitaires et autres, si possible intègres et intéressants. Mais ne serait-ce qu’aborder le sujet frontalement ne serait pas une mauvaise chose pour commencer.

Surtout que les chèques en blanc du contribuable se suivent pour le monde de la finance et de l’entrepreneuriat irlandais. Faut il rappeler que l’explosion de la dette publique irlandaise est due en grande partie à des garanties illimitées offertes par l’Etat aux grandes banques du pays, de manière à assurer la « stabilité » de leurs créances risquées?

Un processus qui ne risque pas de s’arrêter demain : les banques irlandaises détiennent encore plus de 400 milliards d’euros de prêts directement liés à l’investissement irlandais pendant le boom, soit l’équivalent de plus de 240% du PIB (ce taux était de 60% en 1997). Les taux d’impayés sur l’immobilier, qui grimpent sans cesse, promettent de futures pertes pour les banques et autant de sauvetages financiers à venir.

Mais pour l’instant, tout le monde veut croire à une issue. Rien n’est certain, on veut bien garder espoir et on ouvre consciencieusement son portefeuille pour contribuer au remboursement par la rigueur. Si une forte croissance revient, peut être qu’on s’en sortira et qu’on pourra continuer à attendre l’accomplissement du rêve américain.

Donc pas d’alternative : il faut conserver, voire augmenter la bien-aimée compétitivité. Et attendre et espérer, à l’ombre d’une montagne de dettes bien plus élevée que sa célèbre petite-soeur grecque, lorsque l’on additionne les dettes publiques, dettes des ménages et dettes des institutions financières.

A few impressions on the way back from Ireland

March 17, 2012

La version française se trouve ici : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/17/quelques-impressions-au-retour-du-sejour-en-irlande/

Informations about the project here.

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Ireland is not Greece, and it will get out of the mess keeping the head up, paying back all its debt no matter the time it will take. It is at least what a lot of Irish people think, even if austerity is only starting to hit the population. Most of the measures enforced until now were aimed at reducing public services. This was not that hard to accept in a country whose model is the USA, so only civil servants really had a reason to complain. And when the constant increase of university fees is mentioned (the last in date being an increase from 2000 to 3000 euros for one year of bachelor level), most of the people comment that “it’s okay, it is so much more in the USA for example!”.

Luckily, Ireland is competitive, and that is why everything is fine. One of the most cherished thing in modern Ireland is the 12,5% corporate-tax rate, to compare with a 20 to 35% rate elsewhere in Europe. And for a reason : this “competitive advantage” is the engine of the new irish economy. The island seems to be the european platform for the “2.0” american corporate world, cheered not to be robbed by the State : the words “Google”, “Facebook”, “LinkedIn”, “Microsoft” and cie are present in every three sentence of discussions and newspapers. And not without some pride. This is well worth a few presents, like for example letting Google, a not so desperate company, pay not more than 3% tax on its profits… Ireland is competitive and that is why it will get out of the mess. When one remembers the poverty of the 80s, these few concessions still seem worth it for the middle class household.

Moreover, the big choc is already behind for Ireland. Apocalypse took place in 2008 and 2009. The burst of one of the most magnificent housing bubble in history is already something from the past, and the change in the situation is now finally accepted. The ten years of mass hysteria are now lying on the couch, and everyone shows wisdom to accept the return to reality and understand what happened.

But some details are quite inconvenient when one tries to look further.

The boom years are now behind, true. But especially for those who managed not to take a mortgage between 2002 and 2008. The others, having bought one or more houses, on credit, will need a long time to see those years really behind. And this is a huge lot of people. Their house is now worth less than half of the price they signed for and promised to pay back to the bank, and the value keeps diving. But the banks, of course, want to get the whole loan back. And the irish law is on their side.

In the USA, during the “sub-prime” housing crisis, it was possible to give back the keys of the house and get rid of the loan to start a new life somewhere else. This option doesn’t exist in Ireland. If someone wants to leave his home, he nevertheless will have to pay 100% of the loan back. Discussing the matter with someone in this situation is taking a look in an abyss, the exact symmetric from the peaks of the financialized economy.

Of course the subject is everything but black and white. Raising the issue of responsibility requires a big assembly of sociologists, economists, philosophers, and advertisement specialists, if possible interesting and of integrity. But for a start, just raising frontally the issue would not be a bad thing.

Especially when blank checks from the taxpayer are signed one after the other to the financial industry of Ireland. Is it necessary to remind that the huge increase of the irish public debt is for a big part due to unlimited guarantees offered by the state to the big banks of the country, in order to ensure the “stability” of their risky assets?

And this process is not going to stop tomorrow : the irish banks still have more than 400 billions euros of loans to households and non-financial firms in Ireland, which amounts to more than 240% of the Irish GDP (this figure was 60% in 1997). With arrears on mortgages steadily rising, now at almost 10%, future losses for banks coming along with future bailouts from the taxpayer are almost certain.

But for the moment, everyone wants to believe to a way out. Nothing is really certain, and hope dictates to consciously open the wallet and contribute to pay back the debt through austerity. If a strong growth comes back, maybe we will see a miracle happen, and it will be possible to go further on the way to the american dream.

So there is no alternative : the beloved competitiveness has to be protected at all cost, if not improved. And then, just wait and hope, in the shadow of a huge mountain of debt, much higher than its greek little sister, once added household, state and financial debts.