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Bilan de réalisation, saison 1 (Hiver 2011-2012)

November 13, 2012

Après une pause de six mois, voici venu le temps de faire un bilan définitif du travail réalisé pour les Chroniques d’un hiver européen entre Novembre 2011 et Avril 2012.

Ce bilan s’adresse tout particulièrement aux donateurs qui ont permis au projet d’exister.

Le projet était extrêmement ambitieux, et la partie réalisée l’an dernier ne représente que le début d’un travail qui se poursuivra. Néanmoins, pour être très clair sur notre démarche, nous considérons cette première « saison » comme « bouclée » dans son état actuel, notamment au niveau du bilan financier. Nous aurons besoin de nouveaux fonds pour développer la suite du projet, et l’appel à financement qui a eu lieu en Novembre 2011 a en pratique permis la réalisation de ce qui sera décrit dans ce bilan. Évidemment, ce qui a été produit ne correspond pas exactement à ce qui était au départ annoncé dans le projet initial. C’est à vous de juger si nous avons répondu à nos engagements en terme de réalisation. Nous attendons vos remarques par email : hivereuropeen@riseup.net .

  1. Bilan de ce qui a été réalisé

Temps de travail investi.

Je m’étais engagé à travailler à plein temps sur la réalisation de Décembre 2011 à Avril 2012. Ce fut effectivement le cas, et j’ai donné le maximum de ce que je pouvais sur cette période. J’ai travaillé en moyenne bien au delà de 40 heures par semaine, avec en tout une dizaine de jours de pause. Je pense à ce niveau avoir tenu totalement mon engagement.

Réalisation effective :

Voici la totalité de ce qui a été produit sur cette période :

Pour rappel, voici les ambitions initiales « minimales » pour cette période de réalisation :

  • au moins 6 épisodes de 30 mn traitant de trois pays différents
  • Disponibilité en anglais et en français grâce à un doublage

Il y a donc une divergence de taille entre l’intention initiale et le projet réalisé. En temps de programme, nous avons quasiment tenu notre promesse, en produisant 2H30 de programme pour 3H promises. Par contre, nous sommes restés cantonnés à un pays unique, la Grèce. Enfin, la disponibilité linguistique a un peu varié : pas de doublage, mais des sous-titrages pour un format vidéo complété d’un contenu visuel.

Quelques précisions. L’intention initiale était de produire quelque chose dans l’urgence, en privilégiant un contenu assez brut et mis en ligne rapidement, pour pouvoir faire un survol de la situation de pays en pays. Lors de mon séjour en Grèce, j’ai été happé par une dynamique à laquelle je ne m’attendais pas, où le drame collectif incitait à un engagement de fond. Je suis alors allé assez loin dans le détail lors de la collecte des entretiens. Ce qui aurait du être une « ouverture introductive » au projet devenait d’un coup une problématique complexe et très profonde, intime, où mon engagement émotionnel m’incitait à m’appliquer au maximum pour retranscrire cette situation. J’ai donc progressivement abandonné l’intention de faire un montage et une mise en ligne rapide, et ai passé beaucoup plus de temps à développer le documentaire, pour vraiment rendre justice à la situation que j’ai vécue. Ce travail fut long et fastidieux, et m’a pris tout le temps de montage jusqu’à Avril. Entre temps, j’ai quand même effectué un tournage de 10 jours en Irlande, dont les 40 heures de rush enregistrées n’ont toujours pas été montées. Par contre ce séjour a permis d’enrichir ma réflexion pour la réalisation des épisodes concernant la Grèce. Les enregistrement irlandais ne sont pas perdus : ils seront utilisés pour la suite du projet.

Un autre facteur important a joué concernant ma capacité de réalisation : j’ai travaillé très seul. J’espérais rencontrer sur mon chemin des personnes souhaitant s’investir dans la réalisation pratique du projet, mais ceci est resté limité à des coups de main ponctuels et bienvenus lorsque j’avais besoin d’hébergement, de traductions, etc… Mais pour la réalisation à proprement parler, je suis resté seul : enregistrements, montage, écriture et enregistrement des voix, mixage, écriture des sous-titres, réalisation de la page internet : il s’agit d’un travail considérable et seul, je ne pouvais en faire plus en cinq mois.

Enfin, des détails pour ce qui est du support linguistique : l’abandon du format doublé en français est du à un compromis qui semblait logique : comme tous les entretiens ont été réalisés en anglais, autant réaliser une version originale en anglais, et tenter une création d’un nouveau genre avec sous titres et montage image. Cette expérimentation, menée jusqu’au bout pour le premier épisode, est très concluante et laisse imaginer de nouvelles possibilités pour la suite (création d’un contenu audio avec « vraies » vidéos non synchrones par exemple).

Un doublage vocal en français aurait été extrêmement fastidieux et très peu intéressant, car on aurait perdu un des aspects primordiaux du documentaire : l’expressivité des gens qui témoignent.

Pour conclure, il s’avère que j’ai dévié de l’intention initiale, autant par choix que par contrainte. Au vu du résultat actuel, je ne regrette pas cette évolution. L’idée originale de croiser les situations de différents pays n’est en aucuns cas abandonnée, elle sera mise en œuvre dans la suite du projet.

  1. Le bilan financier.

Je peux fournir les détails du bilan financier sur demande : envoyez un email à hivereuropeen@riseup.net

Mais voici une présentation du budget dans les grandes lignes, accompagnée de quelques précisions.

Le total net des donations par internet ou par chèque de la campagne de Novembre 2011 est de 1959€.

Les dépenses combinent les coûts des séjours en Grèce (deux semaines et demie) et en Irlande (une semaine et demie) s’élevant à 1076€, et le coût de ma subsistance pendant les 4 mois restants de travail à domicile, s’élevant à 2400€ (600€ par mois). Les dépenses totales s’élèvent donc à 3476€.

On peut donc grossièrement résumer que sur les 3500€ de budget 2000€ on été à la charge des donateurs et 1500€ à ma charge personnelle.

On pourra considérer que les 2000€ de donations on servi à financer le coûts des séjours ainsi qu’un mois et demie de subsistance, et que les deux mois et demie de subsistance restant étaient à ma charge.

  1. Bilan personnel

Ce travail a été pour moi très, voire trop prenant. Parti d’une idée, j’ai souhaité initier le projet seul pour construire un réseau de travail collaboratif au fur et à mesure son avancement. Cette idée de collaborations porte effectivement ses fruits, mais seulement depuis l’été 2012. Au cours de la grosse période de réalisation (Décembre 2011, Avril 2012), j’ai du travailler tout seul, chose qui ne fut pas évidente. Développer un tel projet avec un seul cerveau est fatiguant : il manque de la discussion, du débat, de la confrontation d’idées… On finit par ne plus savoir où l’on en est, on navigue à l’aveuglette, on tourne parfois en rond. Ce sera une des leçons principales pour la suite du projet : il faudra absolument le poursuivre en collaboration avec deux ou trois autres personnes prêtes à s’investir dans la réflexion.

Mise à part cette note négative, le reste fut une expérience formidable, autant au niveau de l’expérimentation documentaire à proprement parler qu’au niveau de toutes les découvertes annexes : rencontres, discussions, ouverture. J’ai donc au final une très grande motivation à poursuivre ce travail, d’autant plus que le thème est plus que jamais d’actualité. Mais à une condition, pouvoir échanger idées et compétences avec d’autres personnes souhaitant s’engager dans le projet.

  1. Impact du documentaire

L’accueil du travail lors de sa publication sur internet a été très positif. Malheureusement, aucune campagne de diffusion de grande ampleur n’a pu être menée, ce qui a dans un premier temps limité l’impact de diffusion. La publication en novembre 2012 d’une version « mise en image » du premier épisode permettra de changer la donne.

Pour la version purement audio, et sans campagne de diffusion particulière, on comptait de février à octobre 2012 6000 personnes ayant commencé à regarder le premier épisode, dont 2000 on poursuivi l’écoute jusqu’à la fin du troisième épisode. C’est un public restreint, bien qu’honorable.

En Novembre 2012, la version « mise en image » est utilisée comme tremplin pour tenter une diffusion plus large. Le départ semble prometteur car 4000 personnes ont commencé à regarder cette vidéo lors des 3 premiers jours après sa mise en ligne.

On peut en conclure qu’un format purement audio a peu de chances pour s’imposer sur internet, ce qui n’est pas une surprise. Par contre, un format hybride alliant un contenu radiophonique et une mise en image qui accompagne le travail audio a tout le potentiel de réussir comme un classique contenu vidéo, et c’est une piste à suivre.

Enfin, on pourra noter que pour l’instant, bien que le contenu original soir anglophone, 90% des auditeurs consultent la version francophone du projet. C’est dû bien sur à nos relais de diffusion qui sont situés principalement en France (blog de Paul Jorion, Agoravox, Okeanews), mais peut être aussi à un intérêt moindre des publics anglophones pour cette problématique. Il sera intéressant de trouver des relais de diffusion significatifs dans le milieu internet anglophone.

Voilà en quelques mots ce qu’il y a à dire en bilan de la première saison de travail sur les Chroniques d’un hiver européen. Le projet va se poursuivre de décembre 2012 à mai 2013, sous une forme plus évoluée et avec des partenariats plus conséquents. Un nouvel appel de fonds sera lancé au moment où le nouveau projet de réalisation sera finalisé.

Les premières informations sur cette nouvelle « saison » seront publiées dans les semaines à venir sur le blog de making-of.

N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos remarques sur ce bilan, ou pour toute idée concernant la suite. Email : hivereuropeen@riseup.net

Merci encore à ceux dont la générosité a permis d’initier ce projet. Cela démontre que l’on peut effectivement envisager de nouveaux procédés de production pour redécouvrir des terrains que les media classiques ont fini par délaisser pour cause de contraintes économiques.

À bientôt pour plus de nouvelles sur la saison 2.

étienne, pour les Chroniques d’un hiver européen.

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