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Bilan de réalisation, saison 1 (Hiver 2011-2012)

November 13, 2012

Après une pause de six mois, voici venu le temps de faire un bilan définitif du travail réalisé pour les Chroniques d’un hiver européen entre Novembre 2011 et Avril 2012.

Ce bilan s’adresse tout particulièrement aux donateurs qui ont permis au projet d’exister.

Le projet était extrêmement ambitieux, et la partie réalisée l’an dernier ne représente que le début d’un travail qui se poursuivra. Néanmoins, pour être très clair sur notre démarche, nous considérons cette première « saison » comme « bouclée » dans son état actuel, notamment au niveau du bilan financier. Nous aurons besoin de nouveaux fonds pour développer la suite du projet, et l’appel à financement qui a eu lieu en Novembre 2011 a en pratique permis la réalisation de ce qui sera décrit dans ce bilan. Évidemment, ce qui a été produit ne correspond pas exactement à ce qui était au départ annoncé dans le projet initial. C’est à vous de juger si nous avons répondu à nos engagements en terme de réalisation. Nous attendons vos remarques par email : hivereuropeen@riseup.net .

  1. Bilan de ce qui a été réalisé

Temps de travail investi.

Je m’étais engagé à travailler à plein temps sur la réalisation de Décembre 2011 à Avril 2012. Ce fut effectivement le cas, et j’ai donné le maximum de ce que je pouvais sur cette période. J’ai travaillé en moyenne bien au delà de 40 heures par semaine, avec en tout une dizaine de jours de pause. Je pense à ce niveau avoir tenu totalement mon engagement.

Réalisation effective :

Voici la totalité de ce qui a été produit sur cette période :

Pour rappel, voici les ambitions initiales « minimales » pour cette période de réalisation :

  • au moins 6 épisodes de 30 mn traitant de trois pays différents
  • Disponibilité en anglais et en français grâce à un doublage

Il y a donc une divergence de taille entre l’intention initiale et le projet réalisé. En temps de programme, nous avons quasiment tenu notre promesse, en produisant 2H30 de programme pour 3H promises. Par contre, nous sommes restés cantonnés à un pays unique, la Grèce. Enfin, la disponibilité linguistique a un peu varié : pas de doublage, mais des sous-titrages pour un format vidéo complété d’un contenu visuel.

Quelques précisions. L’intention initiale était de produire quelque chose dans l’urgence, en privilégiant un contenu assez brut et mis en ligne rapidement, pour pouvoir faire un survol de la situation de pays en pays. Lors de mon séjour en Grèce, j’ai été happé par une dynamique à laquelle je ne m’attendais pas, où le drame collectif incitait à un engagement de fond. Je suis alors allé assez loin dans le détail lors de la collecte des entretiens. Ce qui aurait du être une « ouverture introductive » au projet devenait d’un coup une problématique complexe et très profonde, intime, où mon engagement émotionnel m’incitait à m’appliquer au maximum pour retranscrire cette situation. J’ai donc progressivement abandonné l’intention de faire un montage et une mise en ligne rapide, et ai passé beaucoup plus de temps à développer le documentaire, pour vraiment rendre justice à la situation que j’ai vécue. Ce travail fut long et fastidieux, et m’a pris tout le temps de montage jusqu’à Avril. Entre temps, j’ai quand même effectué un tournage de 10 jours en Irlande, dont les 40 heures de rush enregistrées n’ont toujours pas été montées. Par contre ce séjour a permis d’enrichir ma réflexion pour la réalisation des épisodes concernant la Grèce. Les enregistrement irlandais ne sont pas perdus : ils seront utilisés pour la suite du projet.

Un autre facteur important a joué concernant ma capacité de réalisation : j’ai travaillé très seul. J’espérais rencontrer sur mon chemin des personnes souhaitant s’investir dans la réalisation pratique du projet, mais ceci est resté limité à des coups de main ponctuels et bienvenus lorsque j’avais besoin d’hébergement, de traductions, etc… Mais pour la réalisation à proprement parler, je suis resté seul : enregistrements, montage, écriture et enregistrement des voix, mixage, écriture des sous-titres, réalisation de la page internet : il s’agit d’un travail considérable et seul, je ne pouvais en faire plus en cinq mois.

Enfin, des détails pour ce qui est du support linguistique : l’abandon du format doublé en français est du à un compromis qui semblait logique : comme tous les entretiens ont été réalisés en anglais, autant réaliser une version originale en anglais, et tenter une création d’un nouveau genre avec sous titres et montage image. Cette expérimentation, menée jusqu’au bout pour le premier épisode, est très concluante et laisse imaginer de nouvelles possibilités pour la suite (création d’un contenu audio avec « vraies » vidéos non synchrones par exemple).

Un doublage vocal en français aurait été extrêmement fastidieux et très peu intéressant, car on aurait perdu un des aspects primordiaux du documentaire : l’expressivité des gens qui témoignent.

Pour conclure, il s’avère que j’ai dévié de l’intention initiale, autant par choix que par contrainte. Au vu du résultat actuel, je ne regrette pas cette évolution. L’idée originale de croiser les situations de différents pays n’est en aucuns cas abandonnée, elle sera mise en œuvre dans la suite du projet.

  1. Le bilan financier.

Je peux fournir les détails du bilan financier sur demande : envoyez un email à hivereuropeen@riseup.net

Mais voici une présentation du budget dans les grandes lignes, accompagnée de quelques précisions.

Le total net des donations par internet ou par chèque de la campagne de Novembre 2011 est de 1959€.

Les dépenses combinent les coûts des séjours en Grèce (deux semaines et demie) et en Irlande (une semaine et demie) s’élevant à 1076€, et le coût de ma subsistance pendant les 4 mois restants de travail à domicile, s’élevant à 2400€ (600€ par mois). Les dépenses totales s’élèvent donc à 3476€.

On peut donc grossièrement résumer que sur les 3500€ de budget 2000€ on été à la charge des donateurs et 1500€ à ma charge personnelle.

On pourra considérer que les 2000€ de donations on servi à financer le coûts des séjours ainsi qu’un mois et demie de subsistance, et que les deux mois et demie de subsistance restant étaient à ma charge.

  1. Bilan personnel

Ce travail a été pour moi très, voire trop prenant. Parti d’une idée, j’ai souhaité initier le projet seul pour construire un réseau de travail collaboratif au fur et à mesure son avancement. Cette idée de collaborations porte effectivement ses fruits, mais seulement depuis l’été 2012. Au cours de la grosse période de réalisation (Décembre 2011, Avril 2012), j’ai du travailler tout seul, chose qui ne fut pas évidente. Développer un tel projet avec un seul cerveau est fatiguant : il manque de la discussion, du débat, de la confrontation d’idées… On finit par ne plus savoir où l’on en est, on navigue à l’aveuglette, on tourne parfois en rond. Ce sera une des leçons principales pour la suite du projet : il faudra absolument le poursuivre en collaboration avec deux ou trois autres personnes prêtes à s’investir dans la réflexion.

Mise à part cette note négative, le reste fut une expérience formidable, autant au niveau de l’expérimentation documentaire à proprement parler qu’au niveau de toutes les découvertes annexes : rencontres, discussions, ouverture. J’ai donc au final une très grande motivation à poursuivre ce travail, d’autant plus que le thème est plus que jamais d’actualité. Mais à une condition, pouvoir échanger idées et compétences avec d’autres personnes souhaitant s’engager dans le projet.

  1. Impact du documentaire

L’accueil du travail lors de sa publication sur internet a été très positif. Malheureusement, aucune campagne de diffusion de grande ampleur n’a pu être menée, ce qui a dans un premier temps limité l’impact de diffusion. La publication en novembre 2012 d’une version « mise en image » du premier épisode permettra de changer la donne.

Pour la version purement audio, et sans campagne de diffusion particulière, on comptait de février à octobre 2012 6000 personnes ayant commencé à regarder le premier épisode, dont 2000 on poursuivi l’écoute jusqu’à la fin du troisième épisode. C’est un public restreint, bien qu’honorable.

En Novembre 2012, la version « mise en image » est utilisée comme tremplin pour tenter une diffusion plus large. Le départ semble prometteur car 4000 personnes ont commencé à regarder cette vidéo lors des 3 premiers jours après sa mise en ligne.

On peut en conclure qu’un format purement audio a peu de chances pour s’imposer sur internet, ce qui n’est pas une surprise. Par contre, un format hybride alliant un contenu radiophonique et une mise en image qui accompagne le travail audio a tout le potentiel de réussir comme un classique contenu vidéo, et c’est une piste à suivre.

Enfin, on pourra noter que pour l’instant, bien que le contenu original soir anglophone, 90% des auditeurs consultent la version francophone du projet. C’est dû bien sur à nos relais de diffusion qui sont situés principalement en France (blog de Paul Jorion, Agoravox, Okeanews), mais peut être aussi à un intérêt moindre des publics anglophones pour cette problématique. Il sera intéressant de trouver des relais de diffusion significatifs dans le milieu internet anglophone.

Voilà en quelques mots ce qu’il y a à dire en bilan de la première saison de travail sur les Chroniques d’un hiver européen. Le projet va se poursuivre de décembre 2012 à mai 2013, sous une forme plus évoluée et avec des partenariats plus conséquents. Un nouvel appel de fonds sera lancé au moment où le nouveau projet de réalisation sera finalisé.

Les premières informations sur cette nouvelle « saison » seront publiées dans les semaines à venir sur le blog de making-of.

N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos remarques sur ce bilan, ou pour toute idée concernant la suite. Email : hivereuropeen@riseup.net

Merci encore à ceux dont la générosité a permis d’initier ce projet. Cela démontre que l’on peut effectivement envisager de nouveaux procédés de production pour redécouvrir des terrains que les media classiques ont fini par délaisser pour cause de contraintes économiques.

À bientôt pour plus de nouvelles sur la saison 2.

étienne, pour les Chroniques d’un hiver européen.

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Le plan définitif

March 21, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/21/the-plan-update/

Informations sur le projet à  trouver ici.

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Les mois passent et la fin de cette première « saison » des Chroniques approche. Depuis le retour d’Irlande, les choses sont plus claires sur ce qu’il va être possible de faire.

J’ai jusqu’au 15 Avril pour travailler à ce projet. Après cinq mois complet d’investissement à temps plein, il sera alors l’heure de passer à autre chose pour laisser les neurones rafraîchir et les informations décanter.

Dans le temps qu’il reste, il me sera tout juste possible de terminer le montage des épisodes concernant la Grèce et l’Irlande, à priori les épisodes n°2 et 3 pour la Grèce, et les épisodes n°4 et 5 pour l’Irlande.

D’où le changement majeur par rapport à l’ambition initiale : je n’aurai pas le temps de me rendre dans un troisième pays, pour l’instant. Mais je n’accepterai de réclamations que des gens ayant écouté les cinq épisodes de 45 minutes en intégralité !

Un autre grand changement est qu’étant donné la forme qu’a pris le projet (très orienté « reportage », beaucoup de contenu textuel), il semble vain de vouloir faire une adaptation en voix française du documentaire. Cela surtout car une autre direction semble plus intéressante à prendre : enrichir la vidéo sous-titrée d’un contenu visuel intéressant. Je suis donc à la recherche de photos ou vidéos de la Grèce et de l’Irlande dont la thématique est reliée à celle du documentaire. Si vous avez une idée, faites moi en part.

Le bouclage de ces cinq épisodes ne signifie pas pour autant la fin définitive des Chroniques : une deuxième « saison » est en préparation pour l’hiver prochain. Espagne, Islande, Allemagne, Belgique, les possibilités sont nombreuses.

Pour ce prochain projet, de nouvelles idées sont en gestation. Un travail video muet simultané qui pourrait accompagner le documentaire radio par exemple, pour les versions avec sous-titres. Et une recherche de collaboration pour développer le projet à plusieurs. En effet, le travail est extrêmement prenant, mais tout faire tout seul de A à Z est d’une part épuisant et surtout, il manque trop souvent un point de vue différent pour enrichir le projet par des discussions et échanges d’idées. Travailler au moins en binôme (en se répartissant le travail de tournage et de montage par exemple) pourrait être très enrichissant. Si vous êtes tentés, n’hésitez pas à vous manifester ! (eurowinter@riseup.net)

Mais pour l’heure, il reste encore quelques grosses semaines de travail pour boucler cette première saison.

À bientôt !

Quelques impressions au retour du séjour en Irlande

March 17, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/03/17/a-few-impressions-on-the-way-back-from-ireland/

Informations sur le projet à  trouver ici.

L’Irlande n’est pas la Grèce, et elle va s’en sortir la tête haute, en remboursant sa dette, quelque soit le temps que cela prenne. C’est en tout cas ce qu’affirment un très grand nombre d’Irlandais.

Et ceci alors que l’austérité ne fait que commencer à toucher la population. La plupart des mesures prises jusqu’à maintenant étaient ciblées sur la réduction du service public. Pour un pays dont le modèle rêvé semble être les Etats-Unis, la pilule n’a pas été trop dure à faire avaler, sauf pour les fonctionnaires. Et quand on mentionne l’augmentation en flèche des frais d’université (dernière en date : passage de 2000 à 3000 euros l’année de licence), la plupart des personnes font remarquer que « ça va, aux Etats-Unis, c’est bien plus ».

Mais maintenant que de nouvelles mesures touchent plus généralement la population (augmentation de la TVA, nouvelle taxe d’habitation au forfait unique de 100 euros quelque soit la situation économique du foyer…), certaines questions émergent timidement.

Mais heureusement, l’Irlande est compétitive, et c’est pour ça que les choses vont bien. Les Irlandais chérissent le fait que leurs entreprises ne paient que 12,5% d’impôt sur leurs bénéfices, alors que ce taux est compris entre 20% et 35% ailleurs en Europe. Et pour cause : cet « avantage compétitif » est le moteur de la nouvelle économie irlandaise. L’île semble être la plate-forme européenne de l’économie américaine « 2.0 », ravie de ne plus être volée par des Etats bandits : les mots Google, Facebook, LinkedIn, Microsoft et autres reviennent toutes les trois phrases dans les discussions et les articles de journaux. Non sans fierté. Alors ça vaut bien quelques cadeaux, comme par exemple laisser Google, entreprise pas trop à plaindre, ne payer que 3% d’impôts sur ses bénéfices… L’Irlande est compétitive et c’est pour ça qu’elle va s’en sortir. Quand on se souvient de la pauvreté des années 80, ça vaut bien quelques concessions budgétaires et fiscales pour le foyer moyen.

De plus, le gros choc, l’Irlande l’a déjà vécu. L’apocalypse a eu lieu en 2008 et 2009. L’explosion d’une des bulles immobilières les plus incroyable qui ait existé est déjà un fait passé, et on a fini par intégrer le changement de situation. Les dix années d’hystérie collective sont maintenant allongées sur le divan, et chacun fait preuve de sagesse pour accepter le retour à la réalité et comprendre ce qui a pu se passer.

Sauf que… quelques détails peuvent gêner quand on commence à fouiller un peu.

Les années du de la bulle sont maintenant derrière, c’est vrai. Surtout pour ceux qui ont réussi à ne pas se laisser entraîner à prendre un crédit immobilier entre 2002 et 2008. Les autres, ayant acheté une ou plusieurs maisons, ne sont pas prêt d’oublier les années « boom ». Et ils sont très, très nombreux. Leur maison vaut aujourd’hui en moyenne moins de la moitié du prix qu’ils ont payé et promis de rembourser à leur banque, et cette valeur continue de chuter. Mais les banques veulent bien entendu récupérer la totalité du prêt promis. Et la loi irlandaise leur donne raison.

Aux Etats-Unis, lors de la crise des sub-primes, il était possible de rendre les clés de sa maison pour abandonner son prêt et recommencer une vie ailleurs. Cette option n’existe pas en Irlande. Si on rend les clés à la banque, on est néanmoins obligé par la loi à rembourser l’intégralité du prêt. Aborder le sujet avec quelqu’un dans cette situation permet de sonder un abîme, symétrie exacte des cimes de la financiarisation de l’économie.

Bien entendu, le sujet est tout sauf manichéen. Soulever la question de la responsabilité nécessite de convoquer une cohorte de sociologues, économistes, philosophes, publicitaires et autres, si possible intègres et intéressants. Mais ne serait-ce qu’aborder le sujet frontalement ne serait pas une mauvaise chose pour commencer.

Surtout que les chèques en blanc du contribuable se suivent pour le monde de la finance et de l’entrepreneuriat irlandais. Faut il rappeler que l’explosion de la dette publique irlandaise est due en grande partie à des garanties illimitées offertes par l’Etat aux grandes banques du pays, de manière à assurer la « stabilité » de leurs créances risquées?

Un processus qui ne risque pas de s’arrêter demain : les banques irlandaises détiennent encore plus de 400 milliards d’euros de prêts directement liés à l’investissement irlandais pendant le boom, soit l’équivalent de plus de 240% du PIB (ce taux était de 60% en 1997). Les taux d’impayés sur l’immobilier, qui grimpent sans cesse, promettent de futures pertes pour les banques et autant de sauvetages financiers à venir.

Mais pour l’instant, tout le monde veut croire à une issue. Rien n’est certain, on veut bien garder espoir et on ouvre consciencieusement son portefeuille pour contribuer au remboursement par la rigueur. Si une forte croissance revient, peut être qu’on s’en sortira et qu’on pourra continuer à attendre l’accomplissement du rêve américain.

Donc pas d’alternative : il faut conserver, voire augmenter la bien-aimée compétitivité. Et attendre et espérer, à l’ombre d’une montagne de dettes bien plus élevée que sa célèbre petite-soeur grecque, lorsque l’on additionne les dettes publiques, dettes des ménages et dettes des institutions financières.

Premier épisode en ligne !

February 19, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/02/19/first-episode-online/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Et voici enfin le premier épisode des Chroniques d’un hiver européen. Il est disponible en version anglaise avec sous titres français sur le tout nouveau site du projet. Je vous laisse le trouver : http://hivereuropeen.wordpress.com

Et pour ceux qui souhaitent visiter le site en version anglaise : http://eurowinter.wordpress.com

Pour ce qui est de la suite, j’arrive tout juste en Irlande pour deux semaines d’enregistrements, dans un contexte qui a l’air bien différent de celui de la Grèce.

Plus de nouvelles à ce sujet très bientôt.

Bonne écoute !

 

 

Recherche de contacts à Dublin

February 4, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/02/04/looking-for-contacts-in-dublin/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Je pars pour Dublin le 16 Février, pour deux semaines. Je suis à la recherche de contacts là bas pour préparer le terrain : des gens qui pourraient être curieux du projet et auraient le temps de discuter un peu de la situation autour d’un café ou d’une bière. Et bien sur, je suis aussi déjà à la recherche de personnes prêtes à témoigner de leur situation au micro.

Plus d’informations dans le document suivant (en anglais) :

http://dl.dropbox.com/u/2237586/Chronique_hiver/Looking_for_testimonials_IR.pdf

Alors faites passer l’information et ce document à vos contacts irlandais !

Et à propos de la Grèce : le premier épisode est prêt et sera en ligne dans deux semaines, lorsque la page web sera finalisée. Patience…

À bientôt.

Problématique linguistique : le choix final

January 20, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/01/20/coming-soon/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Le travail avance à grand pas (et à grande sueur) et les choses se précisent quant à la disponibilité des premiers épisodes.

 Tour de Babel ?

J’ai fait un choix final quand au format linguistique de diffusion. Comme la presque totalité des entretiens réalisés à Athènes se sont fait en anglais, je commencerai donc par publier un montage en anglais du documentaire. Je publierai simultanément une version « video » avec le documentaire en anglais et des sous titres en français. S’y ajouteront aussi rapidement que possible des sous-titres en grec et en allemand, et, je l’espère, d’autres langues suivront par après.

La quantité de travail étant très conséquente, je ne pourrai pas réaliser moi-même à court terme une transcription 100% audio en langue française du documentaire. Par contre, un très bon ami et collègue souhaite s’atteler à la tache dès que possible, et on peut donc espérer qu’une version audio française arrive quelques semaines plus tard.

Date de sortie

À première vue, il y aura trois épisodes de 45 minutes chacun sur la situation en Grèce.

La sortie du premier épisode en version anglaise et en version anglaise sous titrée-français est prévue pour la mi février. À moins de grandes difficultés, cette date de sortie semble réaliste. Puis, le deuxième épisode sortira trois semaines plus tard, et ainsi de suite.

Les versions française suivront malheureusement quelques semaines plus tard.

Pas facile de travailler la radio en plusieurs langues, mais qui tente rien n’a rien.

Rendez vous le 15 février !

Après Athènes (et quelques liens pour suivre ce qu’il s’y passe)

January 3, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/01/03/back-from-athens-and-some-links-to-follow-whats-going-on-there/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Après trois semaines très intenses à Athènes, me voici de retour chez moi après des fêtes de fin d’année entre famille et amis, en Allemagne. Le contraste est étrange. La situation vécue à Athènes est tellement inédite qu’il est difficile d’en rendre compte à des gens vivant en dehors de ce contexte. J’ai eu la désagréable impression d’incommoder pas mal de monde en cherchant à rapporter ce que j’ai vu lors de mon voyage : on a plusieurs fois réagi comme si je déballais des drames sur la famine en Afrique ou le travail des enfants au Pakistan à un moment inopportun. On essaie de rapidement changer de sujet. Mais c’est peut être bien ce qui est en train de se passer : le drame social qui se déroule s’éloigne de la réalité des gens bien portants (financièrement), tant qu’ils le sont encore. C’est tout à fait compréhensible : qui voudrait gâcher sa vie en se préoccupant trop en avance d’une catastrophe potentielle, mais pas certaine? Mais de mon point de vue, un changement notable est que l’appartenance à l’ensemble « union (monétaire) européenne » n’est plus synonyme de destin commun, comme ce fut le cas lors de ma vie étudiante en plein dans la « génération Erasmus ». Les sociétés qui font le plongeon de l’austérité sont observées d’un regard très lointain par celles qui sont encore du bon côté du précipice.

Mais si j’ai eu la désagréable impression d’être un trouble fête lors de mon retour, j’ai au moins acquis la conviction que ce travail pourra servir à quelque chose, au vu des regards abasourdis et incrédules des personnes qui m’ont laissé le temps de leur raconter quelques détails de ce que j’ai vu et entendu. Entendre ceci raconté directement de la bouche de ceux qui le vivent pourra difficilement laisser indifférent.

C’est exactement ce qu’il s’est passé au cours de l’année passée en Grèce. Tout le monde vous le dira là bas : il y a un an jour pour jour, on vivait encore dans le déni collectif de ce qui était en train d’arriver. Austérité, réduction du niveau de vie, menace d’une dégradation rapide de la société : tout était encore abstrait en Décembre 2010. Les statistiques montraient déjà l’évolution des choses, mais pour la majorité de la population, c’était encore dans des piles de journaux et de rapports que cette réalité se cachait, ou derrière l’écho lointain de personnes ayant déjà perdu leur emploi. Puis, au fil de l’année 2011, les menaces ce sont rapprochées du quotidien : ce sont des parents qui ne pouvaient plus payer leur loyer, des amis ayant perdu le tiers ou la moitié de leur salaire, un(e) conjoint(e) n’ayant pas été payé depuis six mois, un café apprécié ou la boulangerie du coin qui a fermé, des amis qui n’ont plus de chauffage dans leur immeuble, la voisine qui déménage à la campagne… Toute personne vivant en Grèce entend toutes ces histoires de première main. Chacun est menacé, tout le monde vit ces changements dans sa propre vie.

Et cela change complètement le regard sur les événements ayant lieu. Le mode de vie, les modèles de pensée, la confiance accordée à l’information classique, les idées établies, les plans de vie : tout vacille très vite. On parle en Grèce de « désillusionnement » généralisé. Le monde connu auparavant fait partie du passé, et les derniers espoirs d’un retour « à la normale » se sont évanouis les derniers mois. Et la nécessité de démarrer quelques chose de radicalement neuf très prochainement est maintenant une évidence pour une majorité.

En moins d’un an, on est passé de l’autre côté du miroir. En France ou en Allemagne, on perçoit cette étrange réalité depuis notre ancien univers bien connu. Comme c’était le cas en Grèce en 2009 ou en 2010. Et créer un lien tangible entre les deux univers n’est pas évident.

Les liens

Pour ceux qui souhaitent déjà plonger dans la situation à Athènes, avant le début de la série radiophonique à la fin Janvier, je recommande fortement la lecture de ces trois blogs rendant compte très régulièrement de la situation depuis l’intérieur :

greek crisis now, en français : http://greekcrisisnow.blogspot.com/

Okeanews, en français : http://www.okeanews.fr/

Keep Talking Greece, en anglais : http://www.keeptalkinggreece.com/

Ainsi que la correspondante du journal anglais « The Guardian » à Athènes, qui publie de temps à autres des articles très complets sur les conséquences de la crise pour les populations : http://www.guardian.co.uk/profile/helenasmith

Bonnes lectures, et à bientôt.

L’avancée du travail

January 3, 2012

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2012/01/03/work-in-progress/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Après mon retour le 24 Décembre des trois semaines à Athènes et une petite pause de fin d’année bien méritée, me voici prêt à commencer le travail de montage pour les premiers épisodes de la série radiophonique.

Les choses se sont très bien passées, bien que le travail fut très fatiguant, à sillonner la capitale grecque de long en large pendant dix-huit jours pour discuter avec un grand nombre de personnes et réaliser de très nombreuses heures d’enregistrement. Les choses on été claires dès les premières rencontres : beaucoup de personnes ne se sont pas faites prier pour raconter ce qu’il leur arrive, et les rendez vous d’une demi-heure ont rapidement évolué vers des échanges de deux ou trois heures. La situation est tellement dramatique en Grèce qu’on n’a plus besoin de se le rappeler l’un à l’autre. Mais qu’une oreille extérieure y prête attention était quelque chose de différent et très estimé, dans l’espoir que cette oreille puisse transmettre le témoignage aussi loin que possible. On me l’a répété plusieurs fois, et le soutien dont on m’a fait part là-bas me donne toute l’énergie nécessaire pour m’engager entièrement dans ce projet.

Et bien entendu, je remercie infiniment les gens qui m’ont si généreusement et chaleureusement accueilli ou soutenu, faisant preuve même dans des situations désespérantes d’un sens de l’accueil et de la solidarité sans pareil.

Faire de la radio multilingue…

La grosse question qui va se poser maintenant est de savoir comment travailler en fonction de la langue. J’ai mené la plupart de mes entretiens en anglais, et quelques uns en français, après avoir découvert que les langues étrangères étaient en moyenne bien mieux maîtrisées en Grèce que dans les pays latins. L’idée de faire des entretiens en grec s’est avérée un peu trop utopiste, trop difficile à organiser et trop limitée dans les possibilités de discussion.

Je vais donc sûrement commencer par faire un montage en anglais, pour ensuite l’adapter en français avec des doublages. La version française nécessitera donc une quantité assez importante d’enregistrements supplémentaires, et je crains qu’elle ne soit disponible un peu en retard par rapport à la version anglaise. J’espère qu’on ne m’en voudra pas pour ça.

Toute suggestion apportant des idées pour un travail multilingue en production radiophonique sera vivement bienvenue, les choses n’étant pas encore définitivement fixées.

La suite du programme

Me voici donc enfermé pour un peu plus d’un mois dans mon mini studio maison, à réécouter et structurer l’ensemble de mes enregistrements. J’espère vraiment arriver au bout des trois premiers épisodes de la série avant mon départ pour l’Irlande le 15 Février. Mais il y a du pain sur la planche, avec quasiment 40 heures d’enregistrements effectués!

L’autre grosse étape sera de mettre en ligne le site principal du projet, où se trouveront les épisodes du documentaire, à écouter en ligne ou à télécharger.

Si tout se passe bien, premier épisode à écouter avant le 15 février!

En attendant, je suis déjà preneur de toute aide ou information pouvant faire avancer la préparation du travail en Irlande : contacts, informations, idées…

Je donnerai plus de nouvelles au cours du mois.

À bientôt.

Les choses concrètes

December 10, 2011

For the english version, see here : https://coulissesdunhiver.wordpress.com/2011/12/10/coming-to-reality/

Informations sur le projet à  trouver ici.

Courtes impressions du séjour à Athènes

Me voici depuis presque une semaine à Athènes, découvrant la réalité de la situation. Au premier regard, et sans avoir de connaissances antérieures de la ville, rien ne semble bien différent d’une autre grande métropole, mises à part de petites affichettes jaune et rouge. Et ce n’est pas une surprise, la vie continue ici, bien entendu. Mais avec un arrière goût amer. C’est en discutant avec les gens, rencontrés au hasard, qu’on se rend compte de l’incroyable de la situation. Apparemment, c’est depuis l’été dernier que tout s’accélère : c’est ma plus grosse surprise, moi qui croyais que la crise progressait constamment depuis deux ans.

Les gens lâchent prise, les contestations massives du printemps se sont éteintes et chacun se préoccupe d’aider ses proches en grosses difficultés, d’ajuster sa vie aux coupes salariales, de renégocier son loyer, de remodeler son quotidien. La « dévaluation interne » conceptualisée par la « troïka » est maintenant à l’oeuvre, et à vitesse grand V. Il n’est plus trop question pour les gens d’espérer en de grands mouvements citoyens, après un an et demi de protestations ignorées par les institutions internationales et violemment réprimées par l’état grec. Le temps est venu à l’ajustement personnel, parce qu’il n’est pas possible d’envisager autre chose. L’ajustement, c’est préparer l’émigration, à la campagne ou à l’étranger selon l’âge, ou changer de mode de vie : les rues se vident, les magasins, restaurants et cafés ferment en masse, même au centre ville, on se concentre sur l’essentiel. Et l’on retombe sur le premier signe qui surprend en arrivant à Athènes : les affichettes jaune et rouge annonçant « à louer » ou « à vendre ». En quelques mois, elles ont tapissé toutes les rues et vitrines vides, de l’acropole aux petites rues calmes des banlieues éloignées où résident les classes moyennes, en passant par les quartiers populaires situés entre les deux.

C’est au cœur de ce tableau que je suis en train de collecter des témoignages de personnes trouvées un peu au hasard, racontant de «simples ajustements » de leur vie, ou de véritables drames en cours ou en devenir.

Mais la situation générale a un côté monstrueux, où tout s’accélère et personne n’arrive à y croire. C’est un nouveau monde qui se dessine et qui arrive, et les gens, pour continuer à vivre, devront faire avec. L’espoir d’avoir une chance d’influer le cours des choses à l’air de s’être évanoui, après l’étrange annulation du référendum qui avait été annoncé en Novembre dernier. Peut être est ce temporaire.

Mais en attendant, la notion d’avenir s’évanouit et celle de survie apparaît. Dans les années 30, le mot « dépression » a t-il été utilisé pour décrire l’état économique ou psychologique de la situation ? Ici il n’y a plus de doute : il s’agit de la situation économique pour ceux qui ont déjà été emporté, et de la situation psychologique pour presque tous les autres.

Ce que je ne vais pas faire… / What I am not going to do…

November 28, 2011

Voici un article virulent d’une journaliste Grecque fustigeant le traitement médiatique de la crise dans son pays.

http://fr.myeurop.info/2011/11/26/crise-grecque-le-blues-du-correspondant-3937

Au moins, ça décrit très exactement ce que je ne veux PAS faire!

 

Here an article of a Greek journalist, angry about the media coverage of the crisis in her country. Only in French, but maybe understandable with google translate…

http://fr.myeurop.info/2011/11/26/crise-grecque-le-blues-du-correspondant-3937

At least, it describes exactly what I DO NOT want to do ;)